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La nationalisation d’EDF, les questions qui se posent

Actu de l'énergie

Mercredi dernier, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé une volonté de nationalisation d’EDF. Mais cette décision de prise de contrôle total par le gouvernement pose beaucoup de questions.

Situation actuelle d’EDF

Aujourd’hui, le géant énergétique est plus que jamais dans le rouge. Sa dette pourrait atteindre jusqu’à 65 milliards d’euros cette année selon les analyses.

EDF se retrouve dans cette posture difficile en grande partie à cause des mesures d’urgence prises par le gouvernement. En effet, il a dû faire face à la crise énergétique découlant de l’invasion russe en Ukraine.

En février déjà, on voyait le quota ARENH augmenter de 20 TWh afin que les fournisseurs puissent bénéficier de prix réduits sur l’électricité. Cette manœuvre aura permis d’éviter une flambée des prix pour les Français.

 

Le coût de la nationalisation d’EDF

Il est important de comprendre que l’Etat est déjà détenteur de presque 84% des actions chez EDF. Les salariés, quant à eux, possèdent 1% et les actionnaires institutionnels complètent le tout.

Pour la nationalisation d’EDF, l’Etat doit donc récupérer les 16% manquants. Pour cela, le gouvernement semble privilégier une offre publique simplifiée à destination des actionnaires minoritaires, plutôt qu’une nationalisation au sens propre.

Le montant de l’opération s’élèverait donc entre 5 et 7 milliards d’euros.

 

Qu’est-ce que ça change ?

La première ministre, dans son discours mercredi, a précisé « avoir la pleine maîtrise de la production d’électricité et de sa performance » mais aussi que « cette évolution permettra à EDF de renforcer sa capacité à mener dans les meilleurs délais des projets ambitieux et indispensables pour notre avenir énergétique ».

En résumé, posséder la totalité du capital d’EDF, en pleine crise de l’énergie, faciliterait la tâche du gouvernement pour la mise en place de nouvelles mesures pour contenir les prix de l’énergie. De plus, cette nationalisation du géant donnera au gouvernement la possibilité de négociations avec Bruxelles sur la réforme du dispositif ARENH sur les tarifs réglementés de l’électricité.

 

 

A l’heure, cette décision fait parler. L’accueil de ce projet est relativement mitigé. Certains ne sont pas favorables. C’est le cas du secrétaire général adjoint des Républicains, Pierre-Henri Dumont, qui explique que « l’enjeu est de savoir si le projet Hercule est toujours sur la table ou pas », « si c’est oui, c’est une mauvaise décision ».

Pour d’autres encore, cette nationalisation ne réglera pas à elle seule les difficultés financières d’EDF. « Les problèmes d’EDF sont avant tout la sous-capitalisation et la sous-rémunération. Ce n’est pas parce qu’on renationalise qu’on renforce la structure en fonds propres d’EDF, cela ne résout pas son problème financier structurel », a réagi mercredi Alexandre Grillat, de la Fédération CFE Energies.

 

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