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Pourquoi les prix de l’électricité et du gaz sont en hausse ?

Actu de l'énergie

Prérequis : Les principaux influenceurs du prix de l’électricité et du gaz

 

Depuis plusieurs mois, les marchés de l’électricité et du gaz sont extrêmement volatils et atteignent des sommets historiques. Le mardi 5 octobre 2021, le Baseload-22 s’élevait à 168,40 €/MWh, soit 51,08 €/MWh de plus que le lundi précédent (27/09). Le même jour, le prix du gaz CAL-22 PEG clôturait à 66,036 €/MWh. Les jours suivants, les marchés se sont légèrement apaisés mais ils restent très hauts et volatils… Découvrez pourquoi les prix de l’électricité et du gaz sont en hausse.

Pourquoi les prix de l’électricité et du gaz sont en hausse ?

Le marché du gaz

Cette hausse d’une ampleur inédite a été observée dans tous les pays européens et asiatiques. Elle s’explique essentiellement par la reprise économique mondiale de ces derniers mois.

Lorsque l’activité économique fut ralentie en raison de la pandémie, la demande en gaz a fortement diminué et une partie des producteurs a mis en pause sa production. Or, pour remettre les centrales en route, cela peut prendre du temps. En attendant, la demande est donc supérieure à l’offre, ce qui fait grimper les prix.

La forte augmentation des prix du gaz est aussi due à :

  • Un marché du gaz naturel liquéfié (GNL) tendu: les cargaisons de GNL délaissent toujours l’Europe au profit de l’Asie où les prix sont plus élevés.
  • Des niveaux de stockages européens au plus bas depuis des années : les doutes subsistent quant à la possible amélioration à court terme du niveau des stocks de gaz.

L’hiver dernier a été relativement froid en Europe et surtout plus long que d’habitude. Cela a poussé à la consommation de gaz pour le chauffage, qui a été 15 % supérieure à celle de 2020 lors des cinq premiers mois de l’année en France, selon GRTgaz. Résultat, les stocks européens ont été sérieusement entamés et n’ont pas pu être totalement reconstitués durant l’été, en raison de la forte demande mondiale citée précédemment.

  • L’offre depuis la Norvège s’accroit, mais l’approvisionnement Russe est assez faible en raison de l’incendie cet été du gazoduc Yamal-Europe, un des deux canaux de distribution du gaz russe vers l’UE. La Russie a sûrement aussi réduit ses approvisionnements en Europe pour faire pression et accélérer la mise en service de Nord Stream 2 et faire signer de nouveaux contrats à long terme.
  • Les quotas définis par l’OPEP ne suffisent pas pour alimenter la demande mondiale.
  • Le prix des quotas de CO2 en Europe : les « droits à polluer » ont bondi, ce qui fait progresser la consommation de gaz pour la production d’électricité au détriment du charbon.

 

Le marché de l’électricité

Même si la France produit principalement son électricité avec ses centrales nucléaires, les prix sur le marché de l’électricité suivent aussi ceux du gaz. Cette corrélation est due à la façon dont est déterminé le prix du marché : le merit order ou ordre de mérite. En Europe, le prix du mégawattheure est établi en prenant en compte le coût de production de l’électricité par la dernière centrale thermique appelée en cas de pic d’activité et le plus souvent ce sont les centrales à gaz.

Dans une bien moindre mesure, le prix de l’électricité est cependant impacté par d’autres facteurs :

  • Disponibilité des unités de production : La disponibilité des centrales nucléaires et moyens de production en général est également très impactant, comme avec les maintenances forcées de fin 2016.
  • Le prix des quotas de CO2 : comme pour le gaz, l’augmentation du prix des quotas d’émission de CO2 tire le prix de l’électricité vers le haut. En effet, ces « permis de polluer » sont passés du simple au double en un an.
  • Les prix des autres commodités comme le charbon : le prix du charbon approche les 150 $/t. Raison : l’offre ne parvient pas à suivre la demande.

 

Conclusion :

On espère une accalmie des marchés de l’électricité et du gaz après le premier trimestre 2022, lorsque seront passés l’hiver et les besoins en chauffage.

 

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