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Coronavirus : le pétrole entraîne le marché du gaz

Actu de l'énergie

Après avoir provoqué la chute des cours du pétrole, l’épidémie de coronavirus agitent les marchés du gaz, avec des répercussions notamment en Chine mais aussi dans le monde entier.

Les trois plus gros importateurs de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) que sont le Japon, la Chine et la Corée du Sud figurent dans le top 5 des pays les plus touchés par le COVID-19. Le ralentissement de leurs économies dû aux contaminations, aux mesures de confinement et au ralentissement industriel commence à détruire la demande de gaz, alors que les prix étaient déjà bas avant l’épidémie.

Aujourd’hui, c’est le marché du gaz naturel liquéfié (GNL), qui est le premier à ressentir l’impact du coronavirus.

 

Corrélation entre le marché du gaz et du pétrole

La récente chute des cours du pétrole a entraîné le marché du gaz.

Historiquement, les prix du gaz naturel étaient indexés sur les prix du pétrole. De ce fait, la baisse du prix du pétrole affectait l’ensemble des produits énergétiques, notamment les prix du gaz, par l’intermédiaire des prix de gros.

Cependant, cette corrélation est moins vraie aujourd’hui puisque la formule tarifaire du prix du gaz naturel a été revue en 2014, pour que la part d’indexation sur le cours du pétrole soit affaiblie. Le pétrole reste donc un driver du gaz naturel mais il n’est plus le seul responsable des variations de son prix.

 

La Chine, premier consommateur de GNL

En Chine, la consommation de gaz est réellement pénalisée par les conséquences de l’épidémie du coronavirus. Le ralentissement de leur consommation pénalise les cours du gaz puisque le pays est devenu le premier consommateur de GNL fin 2019, passant devant le Japon.

Suite aux mesures de confinement, les compagnies chinoises ont décidé de limiter leurs importations de GNL (gaz naturel liquéfié). Au-delà de la Chine, c’est l’ensemble du marché gazier mondial qui subit les conséquences de ces perturbations. En effet, en Asie, les cours du gaz ont atteint le seuil le plus bas de leur histoire. Ils ont aussi reculé aux Etats-Unis et en Europe (-18 % depuis le début de l’année).

 

Quelques livraisons annulées…

Face à cette baisse de la demande, plusieurs grands importateurs chinois de GNL ont réduit leurs achats.

Le CNOOC (China National Offshore Oil Corporation), premier importateur de GNL, tente d’invoquer la situation de « force majeure » sur plusieurs de ses contrats d’achat internationaux. La situation exceptionnelle dans laquelle se trouve le pays l’empêche d’honorer ses obligations contractuelles, assure-t-il. Total, numéro deux mondial du GNL, figure parmi les fournisseurs concernés et rejette l’interprétation de son client.

Les acheteurs comme le CNOOC réagissent ainsi à une demande en recul de la part des industriels, dont l’activité se contracte. « De nombreuses usines ont fermé pendant les vacances du Nouvel An lunaire et n’ont pas rouvert depuis », explique Michael Stoppard, analyste chez IHS Markit. Et la demande pour le gaz de chauffage n’est pas dynamique en l’absence de grand froid cet hiver.

De plus, certains ports manquent tout simplement de personnel pour faire fonctionner les terminaux d’importation de gaz. « Sur les 22 terminaux du pays, 13 sont situés dans des provinces où les vacances du Nouvel An ont été prolongées », constate Michal Meidan, de l’Oxford Institute for Energy Studies.

Résultat, plusieurs navires ont dû repartir. Certaines cargaisons de GNL programmées ont été détournées vers d’autres clients ou cherchent toujours une destination.

 

Un marché déjà excédentaire

Les prix étaient déjà déprimés avant le début de l’épidémie. Les raisons : une offre excédentaire et un stock suffisant de GNL alors que l’hiver s’est révélé doux en Europe et en Amérique du Nord comme en Asie. « L’épidémie de coronavirus et son impact sur la demande de gaz chinoise ne pouvaient pas tomber à un pire moment pour un marché mondial du GNL déjà excédentaire », relèvent les analystes de Wood Mackenzie.

 

Point marché

En raison des facteurs expliqués plus haut, le CAL-2021 PEG varie autour des 14 €/MWh depuis fin janvier, soit deux fois moins que fin 2018.

Sur le marché court terme, les prix spot du gaz sont toujours sous la barre des 10 €/MWh, oscillant entre 8,6 et 9,6 €/MWh.

 

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